Vous venez de perdre votre emploi ou vous anticipez une fin de contrat ? La première question qui vient : « Combien vais-je toucher ? » Le simulateur officiel de France Travail permet d’estimer rapidement le montant de votre allocation de retour à l’emploi (ARE). Mais encore faut-il comprendre comment ce montant est calculé, quelles sont les conditions à remplir, et quels pièges éviter. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Où trouver le simulateur officiel ?
France Travail met à disposition un simulateur en ligne gratuit, accessible sans inscription :
- Simulateur de calcul ARE : simucalcul.pole-emploi-services.fr
- Page des simulateurs France Travail : francetravail.fr/les-simulateurs
- Accès via Service-Public.fr : service-public.gouv.fr
Vous renseignez vos salaires bruts des 24 derniers mois, votre âge, le motif de rupture et le simulateur calcule une estimation de votre allocation journalière et de votre durée d’indemnisation.
Attention : le résultat du simulateur reste indicatif. Seul France Travail, après examen complet de votre dossier et des attestations employeur, fixe le montant définitif de vos droits.
Comment est calculée l’allocation chômage ?
Le salaire journalier de référence (SJR)
Tout commence par le calcul de votre salaire journalier de référence (SJR). C’est la base de tout. France Travail prend en compte vos rémunérations brutes des 24 derniers mois (36 mois si vous avez 55 ans ou plus) et les divise par le nombre de jours calendaires de la période.
Depuis le 1er avril 2025, le nombre de jours non travaillés pris en compte est plafonné à 70 % des jours travaillés (contre 75 % auparavant), ce qui peut légèrement modifier le calcul pour certains profils.
La formule de calcul de l’ARE journalière
Une fois votre SJR déterminé, France Travail effectue deux calculs et retient le plus favorable pour vous :
| Méthode | Formule |
|---|---|
| Calcul 1 : partie fixe + proportionnelle | (SJR x 40,4 %) + 13,18 € |
| Calcul 2 : pourcentage du SJR | SJR x 57 % |
Le montant retenu est le plus élevé des deux, avec deux garde-fous :
- Il ne peut pas descendre en dessous de 32,13 € par jour (l’ARE minimale)
- Il ne peut pas dépasser 75 % du SJR
Bon à savoir : depuis le 1er avril 2025, l’ARE est versée sur une base fixe de 30 jours calendaires chaque mois, quel que soit le nombre réel de jours dans le mois. Les jours « excédentaires » des mois de 31 jours sont reportés en fin de droit, ce qui allonge légèrement votre période d’indemnisation.
Montants en vigueur depuis le 1er juillet 2025
Le conseil d’administration de l’Unédic a voté le 25 juin 2025 une revalorisation de 0,5 % des allocations chômage, applicable depuis le 1er juillet 2025.
| Paramètre | Montant en vigueur |
|---|---|
| ARE minimale journalière | 32,13 €/jour |
| Partie fixe de l’ARE | 13,18 €/jour |
| ARE mensuelle minimale (base 30 jours) | 963,90 €/mois |
| Plancher de dégressivité | 92,57 €/jour |
Cette revalorisation concerne 2,1 millions d’allocataires.
Deux exemples concrets pour mieux comprendre
Exemple concret : Nadia, 34 ans, était assistante commerciale en CDI. Elle a été licenciée pour motif économique après 4 ans dans la même entreprise. Son salaire brut mensuel était de 2 200 €, soit un SJR d’environ 72,33 €.
- Calcul 1 : (72,33 x 40,4 %) + 13,18 = 42,40 €
- Calcul 2 : 72,33 x 57 % = 41,23 €
France Travail retient le montant le plus élevé : 42,40 € par jour, soit environ 1 272 € par mois (base 30 jours). Ce montant est bien inférieur à 75 % du SJR (54,25 €), donc pas de plafonnement. Nadia a droit à une durée maximale de 18 mois d’indemnisation.
Exemple concret : Marc, 58 ans, était responsable logistique avec un salaire brut de 4 500 € par mois. Son contrat s’est terminé par une rupture conventionnelle. Son SJR est d’environ 147,95 €.
- Calcul 1 : (147,95 x 40,4 %) + 13,18 = 72,95 €
- Calcul 2 : 147,95 x 57 % = 84,33 €
France Travail retient 84,33 € par jour, soit environ 2 529,90 € par mois. Le plafond de 75 % du SJR (110,96 €) n’est pas atteint. Marc, ayant 58 ans, bénéficie d’une durée d’indemnisation pouvant aller jusqu’à 27 mois. Et comme son allocation journalière (84,33 €) est inférieure au plancher de dégressivité (92,57 €), il n’est pas concerné par la dégressivité.
Remplissez-vous les conditions pour toucher l’ARE ?
Avant même de lancer le simulateur, vérifiez que vous cochez toutes les cases :
- Inscription à France Travail comme demandeur d’emploi
- Perte involontaire de votre emploi : licenciement (y compris économique), rupture conventionnelle, fin de CDD, fin de mission d’intérim. La démission n’ouvre pas de droit sauf si elle est reconnue comme « légitime » (suivi de conjoint, violences, etc.)
- Durée minimale de travail :
- Moins de 55 ans : 6 mois sur les 24 derniers mois
- 55 ans et plus : 6 mois sur les 36 derniers mois
- Travailleurs saisonniers : 5 mois sur les 24 derniers mois (depuis le 1er avril 2025)
- Recherche active d’emploi
- Résidence en France
- Ne pas avoir atteint l’âge de la retraite à taux plein
Astuce : si vous avez des doutes sur votre éligibilité, lancez quand même une simulation sur le site de France Travail. Le simulateur vous indiquera clairement si votre profil ouvre des droits ou non, et pourquoi.
Combien de temps dure l’indemnisation ?
La durée dépend de votre âge au moment de la fin de votre contrat :
| Votre âge | Durée maximale d’indemnisation |
|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois (548 jours) |
| 55 ou 56 ans | 22,5 mois (685 jours) |
| 57 ans et plus | 27 mois (822 jours) |
Important : ces durées maximales peuvent être réduites de 25 % lorsque la conjoncture du marché de l’emploi est considérée comme favorable (taux de chômage inférieur à 9 % ou hausse de moins de 0,8 point sur un trimestre). Votre durée réelle d’indemnisation dépend aussi du nombre de jours travaillés pris en compte dans le calcul.
La dégressivité : êtes-vous concerné ?
Si votre allocation journalière dépasse 92,57 € (ce qui correspond environ à un ancien salaire brut de plus de 4 900 € par mois), votre ARE sera réduite de 30 % maximum à partir du 7e mois d’indemnisation.
Cette dégressivité ne s’applique pas si vous avez 55 ans ou plus au moment de la fin de votre contrat (seuil abaissé de 57 à 55 ans depuis le 1er avril 2025).
Attention : la dégressivité ne peut pas faire descendre votre allocation en dessous du plancher de 92,57 € par jour. Si après réduction vous passez sous ce seuil, c’est ce plancher qui s’applique.
Ce qui a changé récemment et ce qui pourrait encore bouger
Les règles actuelles sont issues de la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, en vigueur jusqu’au 31 décembre 2028. Parmi les changements notables déjà appliqués :
- Mensualisation sur 30 jours fixes (depuis le 1er avril 2025)
- Décalage des bornes d’âge seniors de 2 ans pour s’aligner sur la réforme des retraites
- Réduction du plafond de jours non travaillés à 70 % pour le calcul du SJR
- Sanctions renforcées depuis le 31 mai 2025 : une réduction d’au moins 30 % des allocations pendant 1 à 2 mois est prévue en cas de manquement aux obligations de recherche d’emploi
Et pour la suite ?
Des négociations sont actuellement en cours entre les partenaires sociaux. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a fixé une échéance au 25 février 2026 pour parvenir à un accord. En l’absence d’accord à cette date, le gouvernement a annoncé qu’il prendrait ses responsabilités et pourrait engager une réforme unilatérale.
Par ailleurs, la prochaine revalorisation annuelle des allocations est attendue au 1er juillet 2026. L’Unédic intègre dans ses projections une hypothèse de hausse de 0,6 %, mais cette décision n’est pas actée et sera tranchée par le conseil d’administration de l’Unédic autour de juin 2026.
Comment utiliser le simulateur efficacement
Pour obtenir une estimation fiable, préparez ces éléments avant de commencer :
- Vos bulletins de salaire des 24 derniers mois (ou 36 mois si vous avez 55 ans ou plus) : les salaires bruts figurent en haut de chaque fiche de paie
- La date de fin de votre contrat et le motif de rupture
- Votre date de naissance (elle détermine la durée d’indemnisation et l’éventuelle dégressivité)
- Les éventuelles périodes non travaillées (congé maladie, congé parental…) qui peuvent modifier la période de référence
Astuce : si vous avez eu plusieurs employeurs, additionnez tous les salaires bruts de la période. Le simulateur prend en compte l’ensemble de votre activité salariée, pas seulement le dernier poste.
Une fois la simulation lancée, vous obtiendrez une estimation de votre allocation journalière brute, de votre allocation mensuelle nette et de votre durée prévisionnelle d’indemnisation. Conservez ces résultats : ils vous serviront de repère lors de votre premier rendez-vous avec votre conseiller France Travail.


